MOTIVATION ET DÉDICACE

Tiré de la séance Pommiers numériques du 27 novembre 2020

Aujourd’hui, nous allons commencer notre séance en réfléchissant quelques instants sur notre motivation et en nous exprimant à ce sujet.

On pourrait commencer par se demander : pourquoi nous sommes-nous connectés ce soir ? pourquoi avons-nous rejoint la séance du Village des Pommiers …

On dit, dans le Bouddhisme, que la motivation, plus encore que l’intention est ce qui détermine le karma, c’est-à-dire le fruit de nos pensées, de nos paroles et de nos actions.

Ce dont on ne se rend pas toujours compte, c’est que le fruit de chacune de nos pensées, paroles ou actions affecte tous les êtres, de tous l’univers et de tous les temps (du passé, du présent et du futur), et ce, pour l’éternité : c’est indélébile.

C’est donc très important de prendre conscience, et même pleine conscience, ce soir, de notre état d’esprit, de le rectifier au besoin, et de faire en sorte que le fruit soit bon.

Rappelons-nous que, dans les 5 remémorations, on conclut : « A ma mort, je n’emporterai que le fruit des actions de mon corps, de mes paroles et de mes pensées. C’est la seule chose que je peux emmener avec moi. »

Il est donc essentiel de bien orienter notre soirée de pratique.

Les moines des Pruniers, lors de toute cérémonie, font plusieurs prières de motivation. Vous les retrouvez, pour chaque circonstance de pratique, dans le manuel des Pruniers « Les Cérémonies du cœur » .

Ce qui compte avant tout, c’est d’avoir à l’esprit ce que Thay appelle les 4 états illimités, qu’on appelle aussi les 4 incommensurables : l’amour, la compassion, la joie et la non-discrimination. Non-discrimination qu’on appelle aussi équanimité ou inclusivité.

Ces 4 pensées sont les 4 éléments de l’amour véritable.

Illimité ou incommensurable signifie qu’il n’y a pas de limite, qu’on ne peut pas mesurer. Ces 4 éléments ne nous sont donc pas seulement destinés ; nous pouvons, par notre pratique, en faire bénéficier tous les êtres. C’est vraiment cela l’inter-être.

Notre pratique devrait donc générer l’amour, la compassion, la joie véritable et l’équanimité non seulement pour nous, mais pour tous les êtres et ce, de manière inconditionnelle.

Thay ne dit-il pas : « Quand vous méditez, ce n’est pas seulement pour vous-même, vous le faites pour la société tout entière. » (cf Prendre soin de l’enfant intérieur)

Une pratique de motivation très répandue chez les Bouddhistes consiste à prononcer les 4 phrases suivantes :

1ère phrase :
Par le pouvoir et la vérité de cette pratique,
Puissent tous les êtres jouir du bonheur et des causes du bonheur ;
c’est l’amour véritable ; souhaiter, de manière non égoïste, le bonheur de tous les êtres, pas seulement le sien. Et sans condition.

La 2ème phrase est :
Puissent-ils être libres de la souffrance et des causes de la souffrance :
c’est la compassion.
Vous voyez qu’on est intéressé non seulement à se libérer de la souffrance, mais aussi à se libérer des causes de cette souffrance ; c’est la deuxième noble vérité : après avoir reconnu la souffrance, il faut en trouver l’origine, pour corriger son comportement erroné et éviter, les mêmes actions conduisant aux même résultats, que la souffrance ne se reproduise.

La 3ème phrase dit :
Puissent -ils ne jamais être séparés du grand bonheur dénué de souffrance
On souhaite ici la joie à tous les êtres

Puissent-ils demeurer dans la grande équanimité, qui est libre de tout attachement et de toute aversion.
C’est l’équanimité, la non-discrimination.

C’est donc cette prière de motivation que nous réciterons pour commencer notre séance de pratique de ce soir.

On pourrait faire tout autre chose, bien sûr que de réciter de telles paroles.

Comme on l’a dit, les moines des Pruniers ont une « kyrielle » de prières de motivation, pour chaque circonstance.

C’est évidemment l’idéal : se motiver pour l’objet spécifique de sa pratique.

Comme l’objet de nos rencontres varie, la prière générale qu’on a présentée il y a quelques instants conviendra chaque fois, et elle comprend tout l’essentiel.

Si vous le souhaitez cependant, vous pourriez développer une motivation en lien avec l’invite de la cloche, par exemple :

« Corps et esprit en parfaite harmonie,
Je vous envoie mon cœur par le son de cette cloche.
Que tous les êtres vivants qui m’entendent
Sortent du monde de l’oubli, de l’anxiété et de la souffrance.
Qu’ils se libèrent enfin et touchent la paix présente dans leur cœur. »

Si notre motivation est bonne, le fruit sera bon.

A la fin de la séance, nous dirons quelques mots à propos de la dédicace. Celle-ci- complète la motivation.


PARTAGE

CHANT DU SOIR + MOTIVATION SILENCIEUSE


DEDICACE


Nous arrivons à la fin de cette séance

Quand nous avons au départ développé une bonne motivation, que nous avons vécu ensuite une bonne séance, et que nous dédicaçons à la fin, en offrant le fruit de notre pratique à tous les êtres, nous avons été

BON AU DEBUT
BON AU MILIEU et
BON A LA FIN

Ce sont là trois facteurs essentiels.

Pour terminer, on veut sceller toutes les paroles, pensées, actions afin de ne pas en perdre le fruit. Différentes prières sont possibles, selon les contextes ; celle qu’on retiendra aujourd’hui, vient des « Cérémonies du cœur » ; c’est une formule « passe-partout ». C’est le vœu que tous les êtres puissent être touchés par le Dharma et l’Éveil et sortir du samsara.

« Nous réunir en sangha et pratiquer ensemble
Fait naître des bénéfices sans limites.
Nous les offrons à tous les êtres
De tous les lieux.

Faites sonner la cloche une fois


Puissions-nous mettre en pratique tous les enseignements.
Que tous nos actes expriment notre plus profonde gratitude.
Puissions-nous mettre fin à toute souffrance
Et réaliser l’Éveil parfait »

Faites sonner la cloche 3 x

Pierre, (texte)
Esprit lumineux du cœur.

Peppino (Mise en page)

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