Ce matin, j’ai invité Thay

Chères Amies, chers Amis,


Ce matin j’ai invité Thầy dans ma maison pendant la méditation assise ; je lui ai demandé d’inviter pour moi la cloche et de chanter le chant de la cloche, juste pour moi, parce que j’en avais besoin… Vous savez, Thầy chante très bien ce chant, avec une profondeur qui touche le cœur, rythmée harmonieusement par les sons de cloche. –

J’ai aussi invité le Bouddha en écoutant le chant du Sutra du Cœur ; et puis j’ai invité en plus, les Frères et les Sœurs, pour me chanter le chant d’Avalokiteshvara, juste pour moi, parce que ce matin, et comme beaucoup d’autres matins, j’en avais besoin…


Assis face à ma fenêtre vers l’ouest, je ne vois pas directement le soleil levant, cependant à un moment donné, je fus ébloui par le soleil qui se refléta dans les fenêtres des immeubles lointains, et tout mon salon était illuminé pendant quelques secondes. Ma méditation était légère, « pas très sérieuse », c’était plutôt une méditation du thé informelle, et je réalisais en écoutant ces trois chants que tout à coup le salon était rempli non seulement de la lumière du soleil, indirectement, mais aussi de toutes ces personnes qui chantaient le son de la cloche, le sutra du cœur, Avalokiteshvara…

Le salon où j’étais assis, face à l’ouest, illuminé du soleil levant, était peuplé de beaucoup de monde : Thầy était là, le Bouddha était là, les Moines et les Moniales étaient là… et mes larmes se mirent à couler sur mes joues, et je ne saurai dire quelles étaient ces larmes car j’étais simplement en lien avec le Bouddha en moi-même, avec Thầy, avec les Frères et les Sœurs, en moi-même, bien qu’ils/elles fussent en réalité présents, présentes, sous la forme d’un enregistrement audio ou sous la forme d’un soleil levant se reflétant dans les vitres de l’immeuble au loin, à l’ouest, pour inonder juste à cet instant tout mon être et me réconforter.


Chers Amis, Amies, lorsque nous sommes prêts, prêtes, pour rencontrer le Bouddha ou Thầy, ou encore des amis(es) de pratique, laïques ou monastiques, même s’ils ou elles ne sont pas présents(es) physiquement, asseyons-nous paisiblement avec un verre de thé ou une boisson chaude, légèrement, et invitons-les chez nous, avec nous, car ils ou elles, viendront en grand nombre nous soutenir, et peut-être aussi parce qu’ils ou elles, en ont aussi grand besoin.


Je vous en prie, invitons nos amis, amies, par tous les moyens techniques dont nous disposons aujourd’hui, les moyens audiovisuels, que nous soyons uniquement reliés(es) à distance, ou même si certains, certaines, d’entre nous sont réunis(es) physiquement, invitons aussi ceux et celles qui ne peuvent se déplacer, par ces moyens dits « virtuels », pour communier ensemble aux partages, aux méditations, aux récitations des entraînements… un peu comme les Sœurs et les Frères qui sont réunis(es) physiquement, et nous qui sommes réunis(es) à distance. Le terme « virtuel » n’est pas tout à fait juste si nous considérons le fait que lorsqu’une personne est reliée à nous par l’audio ou la vidéo conférence, cette personne se trouve vraiment là assise près de nous, ou plutôt en nous-mêmes, parce que nous l’entendons, nous la voyons, et nous pouvons lui parler. Et du coup, je pense que le terme « à distance » n’est pas non plus tout à fait juste, c’est seulement une façon de dire les choses.


Notre situation sanitaire actuelle n’est pas très encourageante et peut générer beaucoup d’angoisse, de peur, parmi nous ; c’est pourquoi nous ne désirons pas laisser une personne au bord du chemin, si possible, car sans la Sangha, qu’elle soit réunie physiquement ou par un moyen audiovisuel, bien des amis, amies, risquent de perdre pied en se retrouvant seuls, seules, n’ayant donc pas assez d’énergie pour continuer leur pratique à la maison. Nous devons tenir compte du fait que certains ou certaines d’entre nous ont beaucoup de souffrance, ou de difficultés dans leur vie, et comptent sur le support de la Sangha. Parce que, ils, elles, sont venus(es) à la Sangha chercher le réconfort et le soutien que nous pouvons leur offrir.


La méditation c’est une adaptation constante à notre environnement, à nos conditions de vie actuelles, aux personnes qui nous entourent, et à tous nos sentiments qui vont et viennent dans nos cœurs. Et pour cela nous avons besoin de nos amis(es) pour nous aider à traverser les difficultés de la vie, de la pratique et ainsi reconnaître et toucher tout ce qui est beau et rafraîchissant.


La toute première fois que j’ai rencontré Thầy, c’était en 1982, sous la forme d’un livre intitulé « Le Miracle c’est de Marcher sur Terre », et bien que je ne voyais pas Thầy « en vrai » comme disent les enfants, il était déjà là près de moi et en moi, je le sentais, c’était très fort. Sa présence se manifestait sous la forme de l’écriture.  Et sans doute un jour ou l’autre devrais-je poser la question à Thầy : « est-ce que c’est une perception erronée ? »…. 😅
je vous embrasse dans mes deux bras 🙏🙏😌

Chân Linh Từ (Compassion Sacrée Authentique)

 真 零 慈

TEXTE: Jean Pierre Roussel
ILLUSTRATION: Peppino

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